Un couple de personnes âgées (octogénaires, je pense) déclarait sur ARTE :

« si vous mettiez une fève dans un bocal chaque fois que vous faites l’amour lors de la première année de votre couple, vous le rempliriez, voire même deux. Et ensuite, au bout d’un an, enlevez une fève chaque fois que vous le faites... Vous n’aurez probablement pas l’occasion de le vider. »

Le désir s’émousse donc... Et le phénomène est suffisamment important pour qu’il y ait quantité de blagues à ce sujet : « qu’est-ce qu’un homme qui ne baise pas ? Un homme marié... ».

Mais bien entendu, la « honte », ou la peur d’être chambré font que beaucoup n’iront jamais avoué que leur vie sexuelle avoisine le zéro absolu... J’ai encore en mémoire la réaction d’une femme participant à un jeu de couples télévisé. La réponse était libre :

Question : « quand avez-vous fait l’amour pour la dernière fois ? »
Elle, minaudant : « hier soir »
Lui, ignorant bien entendu la réponse de sa femme : « avant hier »
J’ai cru qu’elle allait lui sauter à la gorge. Le visage déformé par la rage « Mais t’es complètement con ! Hier soir ! » Formulation « enveloppée » ici par rapport aux propos de la femme... Elle semblait véritablement outragée que tous aient pu entendre que son époux ne l’avait pas honorée la veille...

Plusieurs amis mariés, ou en couple, dont aucun des conjoint n’est asexuel ou frigide, trouvent tout à fait normal de ne pratiquer plus qu’une ou deux fois par mois... Déjà à peine au bout d’un an de fréquentation !

Alors, qu’est-ce qui dérange que les asexuels avouent leur peu d’intérêt pour le sexe sans même attendre une année de mariage ? Jalousie qu’ils soient suffisamment en harmonie avec eux-mêmes pour pouvoir le dire ? Le reconnaître tout simplement ?