Il (appelons-le Oscar, bien entendu, c‘est un surnom) m’a regardé bouche ouverte. A le voir ainsi, il me faisait penser à une carpe échouée sur le rivage en train de suffoquer. Son état était dû à un mélange de surprise et d’indignation.

Oscar est très représentatif d’un grand nombres de « sexuels » qui confondent l’asexualité avec la pudibonderie, ou à de l’homosexualité refoulée. Cependant, qui du « sexuel » et de « l’asexuel » est le plus prude ?

Il est « sexuel » mais s’indigne que des chaînes de télévision comme ARTE fassent des reportages sur la prostitution. Dimanche, il y en avait un sur Sonia, une prostituée belge que l’on avait pu déjà voir dans d’autres reportages.

Pourquoi être choqué ? Cela fait partie de la vie, non ? J’ai beau être asexuel, je n’ignore pas qu’elles sont utiles pour bien des hommes !

Mais voilà, Oscar n’a pas cette ouverture d’esprit, et pour lui, qu’un asexuel lui dise cela était déjà inconcevable... Et sa surprise n’allait pas s’arrêter là.

J’avouais que j’appréciais Sonia, dans sa manière de s’exprimer, très posée, sans vulgarité, mais aussi dans sa gestuelle (en dehors du fait qu’elle fume trop !). Cerise sur la gâteau, je lui reconnais sensualité et beauté.

Pour Oscar, c’était l’incompréhension la plus totale. Nous, asexuels,  ne devrions pas reconnaître ni la beauté, et encore moins la sensualité ! Et pourquoi pas ? Ce n’est pas parce que nous n’éprouvons pas de désir que nous sommes incapables de les reconnaître ...

Pauvre Oscar, s’il savait le nombre de fois que Natacha, une prostituée Bosniaque, était venue s’installer à ma table pendant ma pose, qu’elle me parlait de sa vie, mais guère de son métier, qu’elle aurait bien aller plus loin, mais pas en tant que client... Dire cela à Oscar ? Je risque de le tuer !